Ce billet est inspiré aujourd’hui par le twit de @JuliaNadon : Arguments against using grades by Alfie Kohn (excellent article bien documenté ). L’auteur argue que, loin de motiver les élèves à apprendre, l’attribution de notes les détourne des apprentissages. Je suis tellement en accord avec ces arguments que je me suis réfugiée au préscolaire. Il y a longtemps de cela.
Cependant lors de la réforme scolaire au Québec il y a plus de 10 ans, j’ai respiré un vent d’espoir : on s’éveillait à la pédagogie par projets d’élèves, intégration des matières, compétences transversales et développement global de l’enfant, l’élève au centre des ses apprentissages et participant actif à l’évaluation de ses forces en progression, participant actif aux décisions quand aux défis à relever, construction de portfolios d’apprentissage, tout ce qui me retenait au préscolaire quoi! Je me suis dit alors que le temps était peut-être propice pour revenir à l’enseignement au primaire. Mais le volet de l’évaluation, je devrais dire le dédale de l’évaluation qui a suivi, a tout fait foirer. Je me suis félicitée d’être restée au préscolaire.
Le préscolaire est au scolaire ce que le village d’Astérix est aux Romains. À chaque année nous faisons face aux pressions pour "scolariser" le préscolaire. À chaque année ça nous prend une bonne dose de potion magique pour résister.
Dans deux mois, je prends ma retraite. Pour moi c’est la fin des pressions à produire des notes. Je quitte avec la tristesse de constater que rien n’a vraiment changé de ce côté au primaire.